Une pause dans le geste

Introduction — Mise en contexte

Les défis de tournage ont pris une pause imprévue au cours des dernières semaines. Une chirurgie pour appendicite m’a imposé un arrêt temporaire, loin du tour, de la terre et du rythme habituel de création.

Ce temps d’arrêt a interrompu le geste, ralenti le corps et déplacé l’attention ailleurs pendant un moment. Il m’a toutefois rappelé une chose essentielle : le tournage n’est pas seulement une affaire de mains. Tout le corps participe. Le dos, les épaules, les jambes, le souffle, la posture, la concentration. On ne réalise pas toujours à quel point le corps travaille jusqu’au moment où il exige une pause.

Créer autrement

Pendant cette période, la démarche n’a pas complètement cessé.

J’ai lu sur différentes techniques, regardé mes pièces avec un peu plus de recul, gribouillé des idées de vases et laissé certaines formes continuer leur chemin sur papier plutôt que dans la porcelaine.

Ce n’était pas un temps de production, mais ce n’était pas un vide non plus. C’était un moment plus lent, plus intérieur, où les idées pouvaient se déposer autrement.

Revenir progressivement

Je m’apprête à reprendre le fil des défis avec prudence, en acceptant que le retour se fasse graduellement. Le corps impose parfois son propre rythme, et il faut composer avec lui plutôt que forcer le geste.

Cette pause aura donc été une parenthèse, mais aussi un rappel : dans le travail de la terre, la forme naît du dialogue entre la matière, l’intention… et le corps qui la porte.

Les défis reprendront bientôt, avec le même désir d’explorer les formes, mais peut-être avec une conscience un peu plus fine du geste qui les rend possibles.