Il y a un moment que j’aime particulièrement dans la fabrication d’une pièce : celui où elle est cuite une première fois, mais pas encore émaillée.
À cette étape, tout est encore possible.
Les vases sont blancs, mats, presque silencieux. Rien ne vient encore détourner l’attention de leur forme, de leurs courbes ou des motifs gravés dans la porcelaine. C’est aussi à ce moment que je dois décider de la suite : laisser la forme prendre toute la place ou ajouter une couleur qui en changera le caractère.
Pour ma prochaine fournée, il y aura encore du blanc. Beaucoup de blanc. J’aime de plus en plus laisser certaines formes parler d’elles-mêmes, sans que la couleur prenne toute la place.
Pour les pièces gravées, par contre, j’hésite encore.
J’ai envie que la couleur accompagne le motif et fasse ressortir la gravure, sans lui voler la vedette. Une teinte froide? Ou quelque chose de plus chaud?
Elles patienteront donc encore quelques jours, blanches, mates et pleines de possibilités.
Je trouve la fin beaucoup plus forte comme ça. Et le texte est assez court pour qu’on ait envie de le lire au complet. La photo que tu as prise va faire le reste.

