Théière en devenir

Une première théière

Sur ma table de travail, une nouvelle venue attire tous les regards : une théière en porcelaine, toute en rondeur, bien campée sur sa base. Le bec s’élance avec assurance, le couvercle s’ajuste doucement, et l’anse — tout juste posée — sèche tranquillement avant la prochaine étape.

C’est une pièce que je prends le temps de savourer à chaque étape. Le tournage a demandé justesse et patience, puis sont venus les ajustements, les assemblages, et cette fameuse anse, que j’ai voulu bien proportionnée, agréable à prendre en main. J’attends maintenant le bon moment pour passer à la gravure, quand l’argile aura atteint ce stade parfait entre souplesse et résistance.

Je ne sais pas encore quel motif viendra habiller sa surface, mais je sens déjà qu’il s’agira d’un détail fin, délicat, quelque chose qui épousera ses courbes tout en douceur.

C’est une première, oui — mais je laisse ce détail en filigrane. Ce qui compte, c’est le plaisir du processus, l’écoute de la matière, et cette étrange impression que la pièce m’apprend autant que je la façonne.